Au tiers ou tous risques : comment trancher sans se tromper
Publié le 29 juillet 2026 · Auto
C'est la première question posée à toute souscription, et celle sur laquelle on raisonne le plus mal. Le réflexe habituel — « je prends au tiers, c'est moins cher » ou « je prends tous risques, c'est plus sûr » — ignore la seule variable qui compte vraiment.
Ce que couvre chaque formule
Au tiers
La responsabilité civile, obligatoire : les dommages que vous causez à autrui, matériels et corporels. Vos propres dommages ne sont pas couverts. S'y ajoutent presque toujours la défense pénale et le recours, ainsi qu'une assistance de base.
Tiers étendu, ou tiers plus
La responsabilité civile, complétée du vol, de l'incendie, du bris de glace, des catastrophes naturelles et des évènements climatiques. Votre véhicule est couvert dans les cas où vous n'êtes pas en cause.
Tous risques
Ajoute la garantie « dommages tous accidents » : votre véhicule est indemnisé même lorsque vous êtes responsable, ou en l'absence de tiers identifié.
La question qui tranche
Posez-vous celle-ci : si mon véhicule était détruit demain et non indemnisé, quelle somme devrais-je sortir pour le remplacer, et suis-je capable de l'assumer ?
Si la réponse est 3 000 € et que vous pouvez les absorber, le tous risques n'a pas de sens économique : vous paierez chaque année une surprime pour couvrir un risque que vous pouvez porter. Si la réponse est 18 000 € et que cela vous mettrait en difficulté, la question ne se pose pas.
Le repère des 25 %
Une règle empirique utile : lorsque la surprime annuelle du tous risques dépasse environ un quart de la valeur de revente du véhicule, l'arbitrage bascule vers le tiers étendu. Sur une voiture cotée 4 000 €, payer 900 € de plus par an pour couvrir vos propres dommages n'est pas rationnel.
Attention toutefois : ce repère ne vaut que pour les dommages au véhicule. Il ne dit rien de la garantie du conducteur, qui vous indemnise personnellement et doit figurer dans votre contrat quelle que soit la formule retenue. C'est l'oubli le plus fréquent et le plus coûteux.
Les cas où vous n'avez pas le choix
- Véhicule en location longue durée ou en leasing : le tous risques est contractuellement imposé.
- Véhicule financé à crédit : l'organisme prêteur l'exige généralement tant que le capital n'est pas remboursé.
- Véhicule neuf ou de moins de trois ans : la décote est rapide et la valeur à neuf a un intérêt réel.
Regardez la franchise, pas seulement la formule
Un tous risques assorti d'une franchise de 800 € couvre en pratique peu de chose sur les petits sinistres, qui sont les plus fréquents. À l'inverse, un tiers étendu avec bris de glace sans franchise peut se révéler plus utile au quotidien. La formule est un titre commercial ; ce sont les montants qui déterminent ce que vous toucherez.
Notre comparateur auto affiche les trois formules pour votre profil : c'est le moyen le plus simple de voir ce que coûte réellement chaque niveau de protection.