Dégât des eaux : de la déclaration à l'indemnisation, étape par étape
Publié le 07 août 2026 · Habitation
Le dégât des eaux représente près d'un sinistre habitation sur deux. Sa gestion suit un parcours balisé, mais quelques réflexes des premières heures déterminent largement le montant que vous percevrez.
Les trois premières heures
- Stopper la cause. Coupez l'arrivée d'eau, et l'électricité si l'eau approche des installations.
- Photographier avant de nettoyer. C'est l'erreur la plus fréquente : on éponge, on jette le parquet gonflé, puis on n'a plus rien à montrer à l'expert. Photographiez largement, puis en détail, avec la date visible.
- Prévenir les voisins concernés, en amont ou en aval, ainsi que le syndic si les parties communes sont en cause.
Le constat amiable dégât des eaux
Dès qu'un tiers est impliqué — voisin, copropriété — remplissez un constat amiable. Ce document, distinct du constat automobile, décrit les circonstances, l'origine présumée et les dommages de chaque partie. Chacun conserve un exemplaire et l'adresse à son propre assureur.
Il ne vaut pas reconnaissance de responsabilité : il décrit des faits. Refuser de le remplir ne protège personne et ralentit tout le monde.
Déclarer dans les cinq jours
Le délai légal est de cinq jours ouvrés à compter de la connaissance du sinistre. Déclarez même si vous doutez de la prise en charge ou si les dommages semblent modestes : les désordres liés à l'humidité se révèlent souvent des semaines plus tard.
Joignez les photos, le constat amiable, la description des biens endommagés et, si vous en avez, les factures d'achat.
La recherche de fuite
Lorsque l'origine n'est pas visible, une recherche de fuite est nécessaire — caméra thermique, gaz traceur, détection acoustique. Beaucoup de contrats la prennent en charge, mais avec un plafond spécifique et parfois une condition d'accord préalable. Ne lancez pas les travaux de recherche sans avoir prévenu votre assureur : une intervention non validée peut rester à votre charge.
L'expertise et le calcul de l'indemnité
Au-delà d'un certain montant, un expert est mandaté. Il constate, chiffre et détermine l'origine. Deux notions déterminent ensuite ce que vous touchez :
- La vétusté — un abattement lié à l'âge des biens et des revêtements. Sauf garantie « valeur à neuf », un parquet posé il y a douze ans ne sera pas indemnisé au prix du neuf.
- La franchise, déduite de l'indemnité finale.
Vous pouvez contester une évaluation. Le contrat prévoit généralement la faculté de désigner un expert d'assuré, à vos frais — parfois pris en charge partiellement au titre de la protection juridique.
Ce qui est fréquemment exclu
Les infiltrations par la toiture, les remontées capillaires, les défauts d'entretien caractérisés et les dommages résultant d'une fuite connue et non réparée figurent parmi les exclusions courantes. De même, les dommages aux biens entreposés dans une cave sont souvent plafonnés ou exclus.
Ces clauses varient fortement d'un contrat à l'autre : c'est précisément là que se joue la qualité d'une multirisque habitation. Comparez les garanties plutôt que les seuls tarifs.